Les décès de trois nourrissons, dont deux prématurés, hospitalisés dans le service de réanimation néonatale de l’hôpital de Chambéry auraient pour origine les poches alimentaires. Provenant d’un laboratoire français, l’origine de ces poches de nutrition parentérale n’a pas été révélée par la ministre de la Santé. Leur contenu est en cours d’analyse par l’Institut Pasteur.
L’administration de tous les nutriments est indispensable à la survie, à la croissance correcte des enfants prématurés.
Les nourrissons exposés sont morts les 6, 7 et 12 décembre après une dégradation brutale de leur état général. Un quatrième a pu être sauvé in extremis., après avoir présenté les mêmes symptômes. A l’origine de ces décès, les poches de nutriments qui servaient à les alimenter par perfusion, auraient été contaminées par une bactérie.Les poches d’alimentation proviennent d’un laboratoire françaisEn visite dimanche à l’hôpital de Chambéry, la ministre de la Santé Marisol Touraine a déclaré avoir saisi l’Institut Pasteur pour analyser le contenu de poches d’alimentation soupçonnées d’être à l’origine de la mort des trois nourrissons en décembre. On sait qu’elles proviennent d’un laboratoire français, selon le directeur du centre hospitalier, Guy-Pierre Martin. “Nous savons parfaitement de quel laboratoire il s’agit (…) mais nous ne pouvons pas aujourd’hui incriminer la fabrication ou la composition de ces poches“, a insisté la ministre. Marisol Touraine a précisé que depuis le retrait des lots suspects, intervenus le 17 décembre, aucun autre cas suspect n’a été relevé.C’est finalement l’avocat du laboratoire Marette à Courseulles-sur-mer (Calvados) qui a reconnu avoir fourni les poches alimentaires, tout en rappelant qu’à l’heure actuelle, rien ne permettait de remettre en cause la réputation et le professionnalisme de cet établissement.Une enquête en cours pour identifier l’origine de la contaminationAu-delà de l’analyse, l’enquête ouverte par le parquet de Chambéry devra déterminer comment et par qui, ces poches ont pu être contaminées. De la composition de ces poches alimentaires à leur fabrication en passant par leur transport et leur administration, cette chaîne fait l’objet d’enquêtes multiples. Le 6 janvier au soir, le parquet de Chambéry annonce finalement se dessaisir de l’affaire au profit du pôle santé publique de Marseille “au regard de la technicité de l’affaire“. C’est donc le parquet de Marseille qui a ouvert une information judiciaire.Selon Europe 1, M. Martin a déclaré qu’en cas de responsabilité avérée, l’hôpital “assumera“. Les parents des nourrissons décédés ont porté plainte contre l’hôpital pour éviter qu’un tel drame puisse se reproduire. Le gouvernement a annoncé le retrait des lots de poches mises en cause.A quoi servent les poches de nutrition parentérale ?Principalement destinées à pallier les insuffisances de maturation des tubes digestifs des
prématurés, les poches de nutrition parentérale (administrées par voie veineuse) contiennent des solutions riches en sucre, en protéines, en lipides, en vitamines et en oligo-éléments. L’administration de tous les nutriments est indispensable à la survie, à la croissance correcte des enfants prématurés et limite le développement de complications. Sachant que tout excès ou carence peut avoir des conséquences délétères à court, moyen ou long terme, les apports doivent donc être adaptés aux besoins de chaque enfant.Du fait de la fragilité des destinataires, ces mélanges sont préparés dans des environnements stériles : dans les pharmacies hospitalières ou, comme c’est le cas à Chambéry, dans des laboratoires privés (cette alternative est une solution pour les centres ne disposant pas d’unité centralisée de préparation au sein de la pharmacie à usage intérieur et pour lesquels la création d’une telle unité serait trop onéreuse au regard du besoin clinique).La principale différence réside dans le degré de personnalisation de ces poches : lorsqu’elles sont fabriquées dans des pharmacies hospitalières, leur composition est propre à chaque enfant ; dans les laboratoires privés, elles ont une formulation standard qui peut être adaptée par les services de réanimation néonatale en ajoutant des vitamines ou une émulsion de lipides. La durée de péremption de ces poches est très courte : de l’ordre de 24 à 48 heures. David Bême Sources : Prise en charge nutritionnelle des nouveau-nés prématurés –
Journal de Pharmacie Clinique. Volume 27, Numéro 1, 11-7, janvier-février-mars 2008, article original (
article accessible en ligne)Europe 1 – 6 janvier 2014JDD – 5 janvier 2014Click Here: Rugby league Jerseys